Jérôme Berney

Batteur et compositeur

Jérôme Berney

© Jean-Blaise Besençon

 «Attention chasse gardée!» lit-on parfois en bordure de forêt. C’est aussi le panneau implicite qui délimite trop souvent le territoire de la musique classique. Comme si, par respect pour le noble gibier et la sacro-sainte partition, il fallait montrer patte blanche dans l’interprétation de la grande musique. Heureusement qu’il se trouve encore des braconniers épris de liberté que les mises en garde n’effraient pas! Jérôme Berney est de ceux-là, qui connaissent parfois mieux les sentiers broussailleux que les chasseurs patentés. Et ce trappeur habile arrive à ses fins sans violence; son instinct infaillible le fait toucher sa cible à chaque coup.
(Matthieu Chenal, Oblique, 2012)

Canado-Suisse, né en 1971 à Vancouver, il a suivi une formation musicale à Lausanne, avant de séjourner plusieurs années à Montréal.
Passionné de littérature, il a participé notamment à l’édition de Ramuz dans la Pléiade.

Le 29 octobre 2015, il a été désigné comme l’un des compositeurs de la prochaine Fête des Vignerons (été 2019) !

Jérôme Berney a d’abord composé pour des formations jazz intimistes – trio ou quartet –, qui ont donné lieu à un certain nombre de disques, comme « Rêveries » (Plainisphaire, 1998), avec Matthieu Michel, Malcolm Braff et Patrice Moret, ou « Suite Mordorée » (RecRec et Nocturnes, 2005), avec Emilien Tolck et Fabien Sevilla.

Depuis 2008, il tourne avec « 3 +3 », dialogue entre un trio de jazz (piano – contrebasse – batterie) et un trio classique (piano – violon – violoncelle), et dialogue entre de grands compositeurs du XXe siècle (Maurice Ravel, Gabriel Fauré, Frank Martin et Dimitri Chostakovitch) et sa propre musique, qui ont aussi donné lieu à plusieurs CD.

Aujourd’hui, il poursuit cette exploration, en créant des ponts entre jazz, classique et poésie, créant ainsi des assemblages savoureux.

Il mêle notamment chœurs classiques et instrumentistes de jazz, avec « Ivresses » (Montreux Jazz Festival 2014), « Blue Flower Songs » (Cully Jazz 2013), « Blue Stabat Mater » (Festival God Bless The Jazz 2015) et « Litanies des villes meurtries » (juin 2016), écrivant de la musique sur des poèmes de Charles Baudelaire, François Debluë, Alain Rochat et Jacopone da Todi.
A noter que le projet « Blue Flower Songs », avec l’Académie vocale de Suisse romande dirigée par Dominique Tille, sera enregistré en le jeudi 8 septembre 2016 au Théâtre de L’Octogone (Pully), pour un disque chez Unit Records.

Actuellement, il prépare une nouvelle création, un oratorio africain, « Reine Pokou », pour choeurs (Oratorio de Montreux, LaDo de La Tour-de-Peilz, Gymnase de Burier), orchestre de jazz et duo africain (Kala Jula), qu’il compose sur un texte de Véronique Tadjo (Reine Pokou, Actes Sud, 2005, Grand Prix de Littérature d’Afrique noire), sous la direction d’Yves Bugnon (Auditorium Stravinsky, Montreux, 5 mai 2017).

 

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