Jérôme Berney

Compositeur et percussionniste

Bio

Jérôme Berney

© Lauren Pasche

 «Attention chasse gardée!» lit-on parfois en bordure de forêt. C’est aussi le panneau implicite qui délimite trop souvent le territoire de la musique classique. Comme si, par respect pour le noble gibier et la sacro-sainte partition, il fallait montrer patte blanche dans l’interprétation de la grande musique. Heureusement qu’il se trouve encore des braconniers épris de liberté que les mises en garde n’effraient pas! Jérôme Berney est de ceux-là, qui connaissent parfois mieux les sentiers broussailleux que les chasseurs patentés. Et ce trappeur habile arrive à ses fins sans violence; son instinct infaillible le fait toucher sa cible à chaque coup.
(Matthieu Chenal, Oblique, 2012)

Compositeur et percussionniste, Jérôme Berney est né en 1971 à Vancouver (Canada). Parallèlement à des études de Lettres, il a suivi une formation musicale à l’Ecole de Jazz et au Conservatoire de Lausanne.

Il a d’abord composé pour des formations jazz intimistes – trio ou quartet, dans lesquels il tenait la batterie – qui ont donné lieu à un certain nombre de disques, comme « Rêveries » (Plainisphaire, 1998), avec Matthieu Michel, Malcolm Braff et Patrice Moret, ou « Suite Mordorée » (RecRec et Nocturnes, 2005), avec Emilien Tolck et Fabien Sevilla.

Depuis 2008, il tourne avec « 3+3 », dialogue entre un trio de jazz (piano – contrebasse – batterie) et un trio classique (piano – violon – violoncelle), et dialogue entre de grands compositeurs du XXe siècle (Gabriel Fauré, Frank Martin, Dimitri Chostakovitch, Maurice Ravel) et sa propre musique, qui ont aussi donné lieu à plusieurs CD.

Aujourd’hui, il poursuit cette exploration, en créant des ponts entre jazz, classique, musique du monde et poésie, produisant ainsi des assemblages savoureux.

Il mêle notamment chœurs classiques et instrumentistes de jazz, avec « Ivresses » (Montreux Jazz Festival 2014), « Blue Flower Songs » (Cully Jazz 2013, dont un disque est sorti début 2017 chez UnitRecords), « Blue Stabat Mater » (Festival God Bless The Jazz 2015) et « Litanies des villes meurtries » (juin 2016), écrivant de la musique sur des poèmes de Charles Baudelaire, François Debluë, Alain Rochat et Jacopone da Todi.

En 2017, il a créé un oratorio africain, “Reine Pokou”, pour choeurs (Oratorio de Montreux) LaDo de La Tour-de-Peilz, Gymnase de Burier), orchestre de jazz et duo africain (Kala Jula), sur un texte de Véronique Tadjo (Reine Pokou, Actes Sud, 2005, Grand Prix de Littérature d’Afrique noire), sous la direction d’Yves Bugnon (Auditorium Stravinsky, Montreux, 5 mai 2017).

La Fête des Vignerons 2019 lui doit une partie de la musique, comme l’ouverture et le final (« Vendanges I » et « Vendanges II »), très percussif, « La Saint-Martin », avec notamment une relecture de la fameuse « Chanson du Chevrier » de Gustave Doret, ainsi que des tableaux plus intimistes, comme « Longue Nuit », ou « Larmes », construit autour du hang.

Actuellement, il compose un oratorio de Pâques orientalisant, intitulé “Equinoxe”, et qui sera créé au Printemps 2022, avec notamment la chanteuse de jazz Elina Duni et le oudiste Amine Mraihi comme solistes.